Le G.R.A.S. s’est attaché à investir constamment le « terrain ». Cette posture lui a sans doute permis de
construire son identité et de prendre distance par rapport aux dogmes et vérités établies a priori. Mais il semble
important d’aller au-delà des discours des acteurs sociaux. En effet, l’enquête ethnographique de longue durée
basée sur l’observation, est essentielle pour appréhender finement les pratiques sociosanitaires des malades et des
professionnels de santé. Le G.R.A.S. a surtout privilégié le niveau micro centré sur les analyses portant sur un
espace social précis, occultant la dimension méso, représentée par le fonctionnement des institutions sociosanitaires
intermédiaires entre le pouvoir national et les populations (directions régionales de la santé). Le niveau macro
permet enfin d’appréhender de façon plus globale les enjeux sociaux du système de santé, des politiques de santé et
la façon dont elles sont construites par les responsables sanitaires, en dévoilant les inégalités sociales de santé, les
questions d’éthique au quotidien, le gouvernement des corps par les différents pouvoirs. La santé, la maladie et la
médecine s’inscrivent aussi dans une anthropologie politique de la santé qu’il est important de ne pas sous-estimer.
Autant de pistes et de questionnements que le G.R.A.S. peut investir dans les prochaines années.
Le troisième point important est d’écouter les acteurs de la santé (associations, professionnels de santé, etc.), pour
nous dire le regard qu’ils portent sur nos recherches anthropologiques. Le G.R.A.S. a émergé dans la société, en
opérant des incursions dans les espaces de soins, en invitant les associations de malades, les gestionnaires de la
santé et des professionnels à nos rencontres scientifiques. Il est donc essentiel de connaitre le point de vue de nos
interlocuteurs concernant l’anthropologie de la santé.
Trois thématiques proposées :
1- Histoire de l’anthropologie de la santé en Algérie : émergence, moments forts et incertitudes.
2- La production scientifique et pédagogique du G.R.A.S. : apports, les limites et pistes de recherches.
3- Le regard des « autres » sur l’anthropologie de la santé.
Envoi des résumés des communications : avant le 30 avril 2011 aux adresses E.MAIL suivantes :
mebtoul@netcourrier.com
gras_lab@yahoo.fr